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Les quatre valeurs extérieures de Savola

Chacun d'entre nous s'évertue de réussir dans ses entreprises. Cependant, le succès ne s'obtient pas facilement. Il a besoin d'efforts soutenus, de concentration et de détermination pour se réaliser. Pour faciliter son avènement et garantir que nos efforts sont consentis de la manière la plus effective, nous avons conçu le document des " 8 de Savola". A première vue, les "8 de Savola" décrivent une série de caractéristiques orientées vers la réalisation du succès. Cependant, dans le fonds, les "8 de Savola" s'avèrent être un système global et équilibré conçu pour apporter des changements positifs dans nos dispositions, nos habitudes et nos caractéristiques profondes ainsi que dans la manière dont nous percevons le monde extérieur, ses gens et ses événements.
Les "habitudes" à elles seules ne sont pas suffisantes pour induire le type de raffinement profond de notre personnalité que nous recherchons. D'abord, parce que les habitudes ne sont pas orientées vers une fin délibérée. Ensuite, les habitudes ne se renforcent pas les unes les autres. Enfin, elles peuvent aussi être inconsistantes sur le plan de l'éthique. Si les bonnes habitudes, celles qui sont soigneusement travaillées (comme "Les sept habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu'ils entreprennent" (de Steven Covey) sont suffisamment puissantes pour nous rendre plus efficaces, nous, à Savola, sommes à la recherche de dispositions plus profondes capables de façonner notre caractère. Un tel jeu de dispositions est proposé dans les "8 de Savola".
Nos "8 de Savola" nous permettront d'arriver au succès aussi bien en affaires que dans nos démarches quotidiennes. IElles y parviennent en nous aidant à identifier et éliminer ces attitudes personnelles qui barrent la route du succès. Ensuite, elles fixent durablement les attitudes requises pour nous propulser sur la route du succès de nos objectifs en affaires et dans la vie.
Les "8 de Savola" se présentent en deux groupes. Tout d'abord, il y a les agents habilitants internes dont nous avons besoin pour façonner un jeu d'attitudes et de comportements solides, stables et équilibrés. Ces "4 agents habilitants internes" agissent en créant un cadre global qui identifie les principaux comportements ou dispositions dont nous avons besoin pour être plus conscients de notre performance tout en restant motivés pour rehausser cette dernière.
Le deuxième jeu d'agents habilitants constitue les "4 Extérieures". Ces "4 Extérieures" portent sur un domaine essentiel à notre succès car déterminant notre capacité d'interaction et de collaboration efficace avec les autres dans le travail. Les "4 Extérieures" y parviennent en nous permettant d'utiliser un processus efficace de développement de relations interpersonnelles.
Valeur extérieure 4
La valeur "interne 4" donne dans les détails les caractères intrinsèques ou personnels dont nous avons besoin pour arriver au succès. Cependant, nous ne vivons pas en vase clos. Nous dépendons de nos subordonnés pour l’assistance qu’ils nous fournissent dans la réalisation des tâches assignées. Nous dépendons de nos pairs pour leur assistance dans la coordination et la réalisation des objectifs communs. Nous dépendons de nos supérieurs pour l’encadrement et le soutien qu’ils nous fournissent. Nous dépendons de nos clients pour notre existence en tant qu’organisation. Nous dépendons de nos fournisseurs pour délivrer les ressources dont nous avons besoin pour satisfaire les demandes des clients. Donc, notre succès dépend non seulement de notre effort personnel mais de celui des autres et de la richesse de nos relations avec eux. En conséquence, un système global de valeurs doit se pencher sur la question de construire des relations interpersonnelles agissantes.
Comment devons-nous construire et maintenir ces relations interpersonnelles agissantes. Nous le faisons en veillant à ce que lorsque nous sommes en interaction avec les autres, nous le fasssons de manière à promouvoir la compréhension et la coopération. Nous pensons que ceci ne peut se faire que lorsque nous allons au-delà de l’étape d’écouter poliment les autres et commençons effectivement à nous pénétrer de leurs points de vue. En comprenant les autres, nous commençons à dépasser nos différences, une étape où d’habitude les relations s’arrêtent et nous commençons à chercher des voies et moyens pour utiliser ces différences en vue d’une meilleure compréhension. Ce processus de communication à deux voies, dans un esprit de dialogue ouvert, va nous rendre beaucoup plus réceptifs et favorables aux idées et aux perceptions des autres. Ainsi, nous ne laisserons plus jamais nos idées ou nos préjugés dominer notre façon d’interpréter les propos ou les agissements des autres. Pareillement, nous pourrons accepter les points de vue des autres avec un esprit ouvert, animés de l’attitude qu’ils peuvent être corrects dans ce qu’ils disent. C’est avec cette attitude que nous pourrons profiter véritablement et durablement de l’intelligence et de l’expérience de ceux qui sont autour de nous.
Ainsi, l’objectif de la valeur (extérieure 4) est de nous permettre, à chacun d’entre nous, de parvenir à cette compréhension et, ce faisant, de créer une base totalement nouvelle à partir de laquelle nous pouvons réfléchir et agir. En fin de compte, cela signifie que nous chercherons plus simplement à parvenir à un accord. Plutôt, nous essayons de créer un contexte à partir duquel beaucoup d’accords nouveaux pourraient être réalisés. Nous chercherons à trouver un terrain d’entente qui peut fortement nous aider à conformer nos actions à nos valeurs. En faisant la promotion de notre capacité conjointe à réfléchir ensemble, dans le cadre d'une relation commune, nous ne serons plus en mesure de nous retrancher dans une position sans appel. Nous serons amenés à écouter toutes les possibilités qui se dégagent de notre interaction avec les autres, des possibilités qui, autrement, n’auraient pas été obtenues.
Comment pouvons-nous réaliser cela? Nous le pouvons en adoptant les dispositions qui apportent le changement à la source de nos pensées et sentiments. C’est ce à quoi les quatre valeurs suivantes vont nous aider à parvenir.
La Confiance (Ihsan Al-Dhan) :
Pour arriver à de nouvelles compréhensions, la base même du dialogue, plutôt que d’adopter des compromis sur ce que nous croyons être vrai et correct, nous avons besoin de commencer par l’élément confiance. La confiance ou Ihsan Al-Dhan, signifie que nous croyons ce que les autres nous disent sans nourrir d'arrière-pensées sur leurs intentions. A un niveau pratique, cela signifie que nous commençons à attribuer les erreurs des autres (en ce qu’ils disent ou font) à l’ignorance, la mauvaise communication ou d’autres raisons non intentionnelles mais pas à un désir fort de nous tromper ou de nous nuire. En niant l’existence d’intentions cachées ou de motivations louches, nous commencerons progressivement à traiter avec les autres en tant qu’individus ayant des besoins et confrontés à des préoccupations spécifiques et dont les perspectives sur les questions dont nous débattons sont aussi légitimes que les nôtres. Cette forme d’Ihsan Al-Dhan peut cependant être considérée comme de la crédibilité, de la naïveté ou simplement de la légèreté d’esprit. Cette préoccupation avec la naïveté pourrait être acceptée s’il n’y avait deux points à considérer. Le premier c’est l’existence d’It’qan. Comme déjà dit, It’qan est régie par la prudence qui nous permet de pratiquer Ihsan Al-Dhan tout en ayant soin de pas nuire aux intérêts de l’organisation ou des autres partenaires qui ont placé leur confiance en nous. Cela signifie que si, en fin de compte, nous sommes trompés, manipulés ou trahis par les autres, ce n’est pas parce qu’on a eu confiance en eux. Au contraire, c’est parce que nous n’avons pas appliqué fortement la valeur d’It’qan. En d’autres termes, notre déception avec les autres n’est pas parce qu’ils sont mauvais en tant que tels, c’est parce que notre travail n’a pas été assez "bon" pour nous protéger. Ce dernier n’était pas suffisant ou nous n’avons pas effectué les vérifications requises auparavant. Il n’était pas bon parce que nous n’avons pas éliminé les failles ou les zones d’ombre qui pourraient tenter les autres d'abuser de la situation. Ainsi, en dernier ressort, nous devons accepter la responsabilité de ce qui nous arrive et ne pas blâmer la "malhonnêteté" ou la "tromperie" des autres.
Le second point est que la pratique de la méfiance envers les gens ou du doute de leurs intentions est en fait l’approche du naïf et du simple d’esprit car ceci nous prive des grandes opportunités que nous pouvons tirer de l’interaction avec les autres, tout juste parce que nous pensons qu’ils pourraient nous nuire ou nous tromper. Un individu qui a deux ou trois mauvaises expériences en avion pourrait conclure que tous les vols aériens sont mauvais et en conséquence arrêter de prendre l’avion. Cet individu pourrait penser qu’il agit de la façon la plus intelligente mais en fait il s’appuie sur quelques mauvaises expériences pour se priver des avantages immenses du voyage par avion. De même, une personne qui a été "abusée" ou "trompée" pourrait conclure que toutes les relations reposent sur des motifs secrets et qu’il ne faut faire confiance à personne. Cet individu fera toujours preuve de suspicion et ne voudra jamais écouter les autres ou bénéficier de leurs savoirs.


Ainsi, lorsque nous sommes en mesure de faire preuve d’Ihsan Al-Dhan soutenu par It’qan, nous devenons plus ouverts aux idées, opinions et exigences des autres et moins portés à imposer notre façon de percevoir de leurs propos. Nous ne serons plus animés par la suspicion mais plutôt par le désir de faire confiance aux autres et d’assumer nos responsabilités envers eux de façon simultanée. Il s’agit là de la première étape vers la création d’un dialogue entre nous. Pour mieux clarifier Ihsan Al-Dhan, nous voulons nous appuyer sur l’exemple du nageur pour illustrer l’application de cette valeur. Supposons que nous soyons en bonne santé et physiquement apte mais ne sachant pas nager. Un jour, un ami nous invite à aller à la piscine. Notre première réaction est de rejeter cette invitation car nous avons peur de l’eau et de ce qui peut nous arriver dans la piscine. En plus, ne sachant pas nager, sous sommes certains de ne pas tirer plaisir d’une telle activité. Ainsi, notre réaction immédiate est de décliner cette invitation. Ici, la valeur relative à la confiance entre en jeu. Avec la confiance appropriée, nous pouvons surmonter ces blocages mentaux en nous rendant compte que :

  • l’invitation de notre ami est motivée par un intérêt sincère de partager avec nous une discipline sportive qu’il considère être un plaisir et un avantage possible pour nous. En d'autres termes, nous devons faire confiance à ses intentions.
  • notre ami sait que nous ne savons pas nager et sera là pour nous soutenir. C’est-à-dire que nous devons faire confiance à ses capacités et à son engagement à assurer notre sécurité.
  • il existe suffisamment de dispositions de sécurité autour de la piscine qui pourraient minimiser la possibilité de nous voir nous noyer ou nous blesser. Cela veut dire que nous devons faire confiance à ceux qui sont responsables de la sécurité des nageurs ; et.
  • nous sommes physiquement aptes à affronter les exigences de ce sport. Cela veut dire que nous devons faire confiance en nos capacités.

Ainsi, avec la valeur relative à la confiance, nous sommes en mesure d’étendre nos horizons et de connaître de nouvelles expériences qui, autrement, nous auraient échappé. Ainsi, la confiance consiste à voir le côté positif des choses qu’on nous présente ou des situations dans lesquelles on nous demande de participer. De ce fait, avec la valeur relative à la confiance, nous n’allons pas nous priver de profiter et de bénéficier d’une activité, qu’elle soit ancienne ou nouvelle, à laquelle nous participons.


L’acceptation (Qabool) :
Ihsan Al-Dhan, renvoie au concept de confiance aux intentions et motivation des autres. Cela veut dire qu’avec Ihsan Al-Dhan, nous faisons confiance aux autres en nous convainquant que leurs intentions ne sont pas de nous nuire, ni de nous tromper ou de nous induire en erreur. Cependant, cette valeur n’implique pas que nous devons faire confiance à leur habileté ou leurs connaissances. Ainsi, si nous nous limitons à Ihsan Al-Dhan, nous nous limitons seulement à tolérer les opinions des autres mais non pas à en tirer profit. Ainsi, pour aller au-delà de la tolérance et agir sur le terrain des avantages mutuels, nous devons commencer le processus d’explorer les idées des autres. Pour y parvenir, nous avons besoin de la valeur relative à l’acceptation ou Qabool. Qabool signifie "endurer" les opinions des autres en allant au-delà de la tolérance ou de l’acceptation et en nous forçant à éliminer nos préjugés ou nos exigences. Cela signifie essayer, autant que possible, de chercher à comprendre sincèrement les points de vue des autres et à agir en conséquence. Cependant, une telle démarche n’est pas facile. Voilà ce qu'on entend par l’utilisation de l’expression "endurer". Nous devons endurer des points de vue contradictoires même si nous ne sommes pas d’accord avec leurs auteurs ni ne croyons qu’ils sont en contradiction avec nos besoins. Nous avons besoin d’endurer le processus de considérer les points de vue opposés pour comprendre leurs sources et leur motivation. En fin de compte, nous avons besoin de supporter le besoin possible d’abandonner notre propre position en faveur d’un point de vue nouveau probablement plus effectif que le nôtre.


Pour faire preuve d'endurance, nous devons faire des efforts, nous montrer patient et tolérant. Nous ne ferions pas cela si nous n'étions pas sûr des avantages à récolter. Mais quels avantages pouvons-nous tirer de Qabool ? Il y a deux avantages fondamentaux à tirer de Qabool. D’abord, cette valeur nous rapproche de l’objectif du développement effectif et de la construction de dialogue entre nous. Deuxièmement, de façon plus immédiate, l’avantage est qu’en examinant la situation de différents points de vue, nous allons avoir une perception plus claire et plus élargie de nos propres perspectives sur les questions. Se convaincre de ce deuxième point est la clé de l’acceptation ou Qabool. Pourquoi ? Parce qu’en acceptant le fait que le rejet du point de vue des autres nous prive des avantages que ces opinions pourraient procurer, nous serons intérieurement plus motivés pour adopter Qabool. Cependant, on ne peut pas d’un coup arriver à nous convaincre de cette situation. Il s’agit là d’un processus graduel pour lequel il faudra consentir beaucoup d’efforts de notre part. Si nous revenons à l’exemple que nous avions donné auparavant, nous pouvons dire que Qabool entre en jeu lorsqu'en fait nous plongeons effectivement dans l’eau. Pour commencer, nous nous sentons inconfortables et nous pouvons légèrement paniquer car nous ne sommes pas familiers avec les éléments de l’eau. A ce stade, nous avons deux choix : refuser ou accepter de continuer l'expérience. En refusant la situation, cela signifie que nous résistons à l’eau et ceci pourrait être le début d’une panique qui nous conduirait à quitter la piscine. Ainsi, en résistant à la situation, en fin de compte, nous nous privons de cette nouvelle et riche possibilité qui, en fait, réduit nos efforts d’Ihsan Al-Dhan à zéro. Par contre l’acceptation signifie que nous surmontons cette peur qui nous ronge en suspendant notre jugement. Nous suspendons ce jugement en ignorant nos préjugés sur la nage, les dangers qui y sont associés et la croyance que nous sommes incapables de maîtriser ce sport. En agissant ainsi, nous sommes en réalité en train de supporter l’anxiété et le manque de confort que nous ressentons car nous avons accepté (à travers la confiance) qu’il y a quelque chose qui vaut la peine de s’engager dans cette activité. Ainsi, nous sommes de plus en plus confortables avec ce sport et notre paradigme commence à changer. Nous commençons le processus d’appréciation de la situation et nous acceptons les nouvelles perspectives qu’elles offrent. (En Qabool, ceci représente le point où la tolérance et l’acceptation deviennent une seconde nature chez nous et nous commençons à tirer les avantages des différents points de vue auxquels nous sommes confrontés).


Comment est-ce que Qabool se manifeste en nous ? Nous aurons adopté Qabool quand :
  • nous faisons preuve de tolérance en empêchant les désaccords en nous de déboucher sur de l’animosité ou sur l’incapacité de traiter avec les autres .
  • nous écoutons activement et essayons de clarifier les points de vue des autres pour déterminer ce qu’ils essayent de nous dire effectivement et quelles sont leurs vraies motivations.

Ces comportements vont renforcer notre acceptation des différents points de vue qui peuvent certainement nous amener à travailler avec ces différences plutôt que de les rejeter.
Une preuve certaine que nous avons adopté ces comportements se manifeste lorsque nous nous surprenons à rechercher durement des points et des méthodes d'accord pour accommoder notre manière de voir par rapport au modèle d'autrui. Lorsque cela devient une réalité, nous aurons fait preuve de Qabool et fait un pas de plus dans le chemin du dialogue.
Rapprochement (Iq'bal) :
Pendant que nous démontrons nos capacité d'endurance (Qabool) en tenant compte des vues et perspectives des autres, nous voyons notre faculté de compréhension croître. Cependant, aussi longtemps que nous nous limiterons à percevoir les idées en terme de "nous" et "eux", nous ne serons jamais en mesure de 'tolérer" les points de vue des autres. Nous continuerons de percevoir leurs opinions comme un fardeau à endurer et à tolérer. Ce comportement en lui-même indique que nous faisons une faveur à nos interlocuteurs en les 'tolérant". Aussi longtemps que nous nous serons installés dans cette disposition d'esprit, nous ne serons jamais en mesure d'accepter la façon de voir des autres comme étant les nôtres pas plus que nous ne serons en mesure de progresser au delà de la phase exploratoire. Ainsi, ce dont il est question maintenant, c'est la capacité de neutraliser la distinction entre "nôtres" et "leurs" et percevoir les choses sous l'angle du collectif du "nous". C'est cela que nous dénommons le rapprochement (Iq'bal). Le rapprochement nous permettra d'examiner les idées des autres afin de parvenir à des niveaux d'interaction plus élevés. La valeur Iq'bal nous permettra de percevoir les points d'interaction plus clairement, de nous libérer de nos carcans personnels et de promouvoir une manière plus commode de penser et de travailler ensemble. Le processus d'adoption de Iq'bal commence lorsque, après avoir lutter fort pour adopter Qabool, nous commençons à ressentir un intérêt sincère et une curiosité marqué dans les opinions et perspectives des autres. Il se manifeste en nous lorsque nous éprouvons le sentiment que les semences de nos intérêts ont suffisamment germé pour nous permettre d'apprécier ce que disent les autres et d'y déceler des avantages possibles. En dernier ressort, cette attitude nous conduit à ne plus percevoir ces différences d'opinion comme des fardeaux ou quelque peine à "endurer". Au contraire, nous commençons à les percevoir comme un produit ayant de l'intérêt et qui taquine notre curiosité.
Cette curiosité, à son tour, nous pousse à chercher à comprendre les autres et à nous engager dans un processus d'apprentissage commun fait d'interactions. Ceci nous permet alors de défricher un terrain commun et de poser des points d'imbrication pour construire des modèles de pensée sur la nouvelle perspective accès sur le "nous". Cette nouvelle perspective nous conduira alors à coopérer avec les autres et à renforcer notre nouvelle compréhension commune des choses.
Dans notre exemple sur la piscine, Ihsan Al-Dhan et Qabool nous ont menés à l'étape où nous entrons effectivement dans l'eau et commençons à nous y sentir à l'aise. Pour profiter au maximum de cette activité, nous devons cependant aller au-delà de l'attitude du participant passif. Ainsi, avec Qabool nous pouvons, en fin de compte, nous retrouver à flotter à la surface sans chercher à nager (c'est-à-dire à uniquement endurer le processus plutôt que d'en tirer profit ou plaisir). Ceci peut être moins que l'expérience souhaitée, particulièrement si nous sommes incapables de rester au niveau de nos amis qui savent nager et de tirer le maximum de profit de l'expérience de la nage. En restant passifs, nous demeurons un fardeau pour nos amis car ils sont tenus de veiller en permanence sur nous et de rester à nos côtés vu que nous ne sommes pas suffisamment expérimentés pour être laissés seuls. Ainsi, nous avons maintenant besoin de prendre une ferme décision relative à la nage. Nous devons nous y prendre comme s'il s'agissait de notre propre idée en cherchant à maîtriser les techniques et caractères nécessaires pour assimiler ce sport comme une seconde nature. Ce faisant, nous apprécierons cette activité et ceux qui nous l'ont recommandée et les récompensons en devenant de moins en moins un fardeau pour eux et, de plus en plus, nous hisser à leur niveau d"expertise. Cette approche active permettra également d'instiller en nous le désir de rehausser nos capacités afin de raffiner nos expériences en ce sport que nous commençons à apprécier.
Compassion (Mu’azarah) :
Plus nous adoptons Iq'bal comme une valeur motivante, plus nous nous mettrons à travailler avec les autres afin de les comprendre, d'aplanir nos différences et de découvrir de nouveaux points d'entente communs. Cette familiarisation croissante et la capacité de travailler de concert avec les autres feront croître notre appréciation de leurs apports, de ce qu'ils représentent et de ce qu'on attend d'eux. Nous allons aussi devenir plus conscients de la manière dont nous réagissons et la meilleure méthode de travailler avec eux dans le cadre d'une relation bénéfique. Cette prise de conscience ou profonde appréciation est ce que nous appelons compassion. Nous faisons référence à ce type de compassion, Mu’azarah, respect mutuel et compréhension, qui existe au niveau des membres d'une équipe hautement productrice et efficace. C'est une compassion découlant d'une connaissance et d'une appréciation poussées des autres et du sentiment que nous pouvons avoir confiance en eux et compter sur leur support.
Ce niveau de respect mutuel et de compassion peut être décrit comme offrant "une maîtrise exhaustive et de surcroît fort détaillée des connaissances relatives aux caractéristiques uniques" de l'autre.
Cette Compassion/Mu’azarah, lorsqu'elle se manifeste, signifie que nous avons engagé un dialogue effectif et été en mesure de combler les différences nous séparant pour créer un paradigme nouveau et puissant à partir duquel travailler.
Dans notre exemple sur la piscine, nous sommes maintenant arrivés au point où nous avons maîtrisé les techniques de la nage. Nous sommes en mesure d'aller dans l'eau avec nos amis et de participer aux activités dans lesquelles ils tirent plaisir.
Progressivement, nous deviendrons plus indépendants et nos amis pourront commencer à se sentir plus décontractés et plus en sécurité en notre présence. En d'autres termes, non seulement ils n'auront plus à se faire des soucis pour nous mais ils commenceront à faire confiance à nos capacités au cas où ils en auront besoin. En plus, nous commencerons à connaître des situations qui leur sont étrangères et que nous pourrons partager avec eux (c'est-à-dire, le plongeon, la plongée libre et la plongée en scaphandre autonome etc.) Partager ces nouvelles expériences avec nos amis peut être motivée par le simple souhait de retourner la faveur. C'est ça le fondement même de la Compassion. Le niveau le plus élevé et le plus désirable, le niveau de compassion, survient lorsque nous apprécions assez bien le sport pour en parler à ceux qui ne maîtrisent pas la nage et les encourager à apprendre ce sport et prendre le temps de l'enseigner à d'autres et de les soutenir. Enfin, c'est là le niveau de compassion dont a fait montre notre ami lorsqu'il nous a invité à la piscine et nous a pris par la main jusqu'à ce que nous ayons maîtrisé l'art de la nage. Ce désir de soutenir ceux qui nous entourent et de partager avec eux ce que nous possédons découle de la compassion. Nous éprouvons suffisamment de compassion pour partager ce que nous avons appris. Nous éprouvons suffisamment de compassion pour voir chaque personne exceller. Et nous éprouvons suffisamment de compassion pour nous investir personnellement dans cette activité et prendre le temps nécessaire pour la maîtriser. Dans le processus, nous tous en sortons grandis.


En fin de compte, la Compassion/ Mu’azarah repose sur une familiarité intime. Cependant, notre contact avec les gens se fait souvent très furtivement or dans des situations très spécifiques (c'est-à-dire autour d'un projet ou d'une tâche limitée dans le temps). Ainsi, lorsque nous arrivons à la dernière étape d'un tel cheminement avec quelqu'un, nous aurons probablement atteint ce niveau reposant sur une situation limitée ou spécifique. Par exemple, ayant travaillé avec quelqu'un et être parvenu à le connaître alors que tous les deux nous participions à un projet spécifique nous expose aux dispositions de cette personne en tant que collègue ou alter ego. Ensuite, lorsque nous parcourons le processus des "4 extérieures", passant tour à tour de Ihsan Al-Dhan à Qabool ensuite à Iq’bal et enfin à Compassion, nous le faisons en tant qu'égaux. Tout ce qui évolue à partir de ce processus le fait sur cette base. Cependant, si nous intervenons sur un autre projet pour lequel nous agissons en tant que superviseur de l'autre, alors nous ne serons plus certains de ce que seraient les comportements et les opinions que nous attendons des autres. Nous ne saurons pas quel effet les relations entre directeur et ses subalternes auront sur le dialogue antérieurement établi. Cela signifie que le processus du dialogue est maintenant interrompu. Aussi, pour le rétablir, nous devons reprendre le processus des "4 Extérieures" sur la base de cette nouvelle relation.
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