Le cadre éthique Beaucoup, voire la plupart des principales organisations incluent une déclaration
d’éthique dans l’énoncé de leur mandat. Dans certains cas, cette déclaration morale prend
la forme de directives sur (le permis et l'interdit) ; dans d’autres, il s’agit d’une déclaration
générale de principes. Tous ces principes aspirent à inculquer
à l’organisation une culture commune et préconisent une norme plus élevée de performance.
Savola procède par une approche structurée en élaborant sa déclaration en matière d’éthique.
Nous reconnaissons particulièrement qu’en tant qu’organisation et en tant qu'individus,
nous sommes confrontés à deux types d’interaction : sur un premier plan, avec les parties extérieures
et sur un deuxième, entre collègues. Toutes ces catégories d’interaction renferment un potentiel pour
des jugements de valeur différents et des conflits d’intérêt. En conséquence, une déclaration exhaustive
de déontologie des affaires doit prendre ses dimensions
en compte et s’atteler à prescrire la voie "appropriée" pour chacune de nos actions.
Spécifiquement, nous sommes confrontés à trois types de relations extérieures,
avec nos partenaires tiers (clients, fournisseurs et la communauté en général) et avec nos collègues.
En même temps, nous restons en contact permanent entre nous-mêmes.
Ces relations et interactions sont régies par les quatre types d’éthiques,
à savoir l’honnêteté (Amanah), le sens du travail bien fait (Taqwa),
la justice avec compassion (Birr) et la maîtrise de soi (Mujahadah).
L’honnêteté (Amanah)
Amanah ou honnêteté traite de notre responsabilité envers ces particuliers ou groupes de particuliers
qui nous ont fait confiance en nous confiant leurs investissements. Ce sont nos actionnaires,
nos investisseurs, nos co-entrepreneurs et les banquiers du "Mourabaha". Ces individus attendent
de nous les rendements les plus élevés possibles pour ce qu’ils ont placé en notre confiance.
Pour être à la hauteur de cette tâche, nous nous engageons à faire deux choses : tout d’abord,
nous devons nous assurer que nous investissons ces fonds de la manière la plus profitable possible ;
deuxièmement, veiller à ce que nous dépensions ces fonds de la manière la plus judicieuse et la plus
pertinente possible. En conséquence, lorsque nous nous jugeons par rapport à notre action, nous devons
toujours invoquer cette responsabilité envers nos actionnaires. Cela est facile à voir dans le cas
de l’évaluation d’un investissement nouveau. Cependant, lorsqu’il s’agit de questions relatives à des dépenses,
il se pose plus de difficultés car les dépenses prennent plusieurs formes. Si nous nous jugeons par notre
comportement et nous rendons compte d'avoir gaspillé du temps ou été absents du travail sans raison,
nous ne pourrions pas faire notre travail correctement. Alors, nous aurions gaspillé aussi bien les ressources
de notre organisation que notre temps de manière ineffective et ruineuse. De même, lorsque nous signons un
contrat avec un vendeur, l’honnêteté ou Amanah dicterait que nous déployions des efforts plus grands pour
obtenir le meilleur résultat qui pourrait minimiser les coûts de notre organisation sans pour autant
compromettre sa qualité. Ainsi, Amanah exige de nous de garder toujours à l’esprit les droits de nos
"investisseurs" et de veiller sans cesse à ce qu'ils soient respectés et satisfaits.
L’engagement relatif au principe d’honnêteté (Amanah) et son évocation continuelle sous forme d'inspiration nous
permet d’honorer nos responsabilités envers nos investisseurs. Cela est possible en préconisant ces caractéristiques
qui encouragent la transparence, le sens du travail bien fait, l’honnêteté et l’équité dans toutes nos transactions
et interactions avec ceux qui sont à l’intérieur comme à l’extérieur de l’organisation. Amanah ou l’honnêteté stipule
que nous devons toujours honorer la confiance que les autres ont placée en nous. Pour y parvenir, nous devons adopter
quatre types de comportements :
Rester véridique quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons ou combien bénéfique
le mensonge pourrait être salutaire pour nous dans l'immédiat. De cette façon, nous n’aurons rien à cacher
et la transparence deviendra chez nous une seconde nature.
Toujours honorer nos promesses et nos engagements.
Toujours honorer nos engagements envers les autres.
Toujours nous engager à régler les conflits dans le respect et l’objectivité.
Le sens du travail bien fait (Taqwa)
La deuxième forme d’éthique est Taqwa (le sens du travail bien fait). Elle porte sur nos responsabilités envers
des parties tierces, tels que les clients, les fournisseurs et la communauté en général. Taqwa symbolise l’idée
du bon citoyen, du membre de la société qui se comporte avec équité, honnêteté et respect. Il confère à nos
activités une contrainte morale. Dans le contexte de notre société, cela signifie que nous devons appliquer
le même sens de Taqwa à tous ceux qui traitent avec la société, à savoir les fournisseurs, les clients,
les consommateurs, la communauté et les autorités du pays d'accueil de la société. A cet égard, une fausse
publicité sur nos produits ou une pollution délibérée de l’environnement pourrait symboliser le non respect
de la valeur Taqwa. Ces exemples traduisent des situations claires et sans ambiguïté ou le comportement correct
se distingue clairement du comportement incorrect.
Taqwa soulève des questions de nature plus ambiguë en stipulant que lorsque nous sommes confrontés à une décision dont
la légalité, la moralité, le caractère implicite ou juste n’est pas clair, nous devons soumettre nos agissements
aux critères suivants :
décision à prendre est-elle légale ? Avons-nous sciemment vérifié sa légalité avec les autorités compétentes,
à savoir notre département juridique ?
Opinion publique : même si la décision est légale, suis-je en mesure de l’admettre publiquement et de la défendre ?
En d’autres mots, si la décision est connue, en serais-je fier aux yeux des autres ?
Opinion personnelle : est-ce que je me sens confortable avec cette décision ? Est-ce que je pense que ce que je fais est
équitable et non légal seulement ?
Il y a une différence subtile entre la légalité et la moralité. En principe, toutes les questions juridiques
ne se conforment pas au principe de Taqwa. Une organisation peut posséder des connaissances internes sur les
effets négatifs d’un produit ou d’une activité non encore connues des agences de réglementation .
Techniquement ce produit ou cette activité peut toujours être légale car non encore interdit en raison
de ce fossé entre la mise en place des principes de réglementation et les avancées de la science et de la technologie.
C’est dans ces cas précis que la notion de Taqwa revêt son importance capitale et comporte des implications plus
profondes. Elle transcende les critères de légalité pour symboliser une entité plus fondamentale. La simple
application du critère de légalité, bien que nécessaire, ne recouvre pas totalement le concept de Taqwa qui
a des ramifications beaucoup plus profondes.
Taqwa met l’accent sur la nécessite de prendre les décisions correctes lorsqu’il s’agit de nos relations avec
les partenaires d’affaires extérieurs ou commerciaux. Si nous prenons nos décisions sur la base de ces critères
et nous en tenons aux règles et réglementations de notre organisation, nous récoltons pour nous plusieurs
avantages fondamentaux. D’abord nous aurons le réconfort de savoir que nos actions sont acceptables aussi
bien légalement que moralement. Ensuite, l’insistance de Savola sur le développement et le respect de politiques
légalement et moralement correctes nous réconforte dans notre confiance d’être en mesure de prédire ce que Savola
fera ou acceptera et ce qu'il ne fera pas ou n'acceptera pas. En fin de compte, et peut être c’est là le point
le plus important, en préconisant des relations éthiques avec nos partenaires extérieurs, nous ne faisons que
rehausser notre propre réputation en tant que partenaires honnêtes. Ce comportement, à son tour, renforcera
chez nos partenaires la volonté de traiter avec nous tout en magnifiant nos capacités de réaliser des accords
mutuellement bénéfiques.
Justice dans la compassion (Birr)
La troisième norme d'éthique, Birr (Justice dans la compassion), porte sur notre responsabilité envers nos collègues,
les employés de la société. Dans le contexte de nos relations avec ces derniers, la notion de Birr dicte que chacun
a droit à un traitement empreint des sentiments les plus élémentaires de dignité et de décence de telle sorte à prendre
en compte sa sensibilité sur les plans matériel, familial et d'auto satisfactions. Cette notion va au-delà des aspects
de loyauté et de justice. Elle porte essentiellement sur une vraie compassion et un vif intérêt envers les gens et leur
bien-être. Elle se concrétise par un désir de traiter ses collègues de la même manière qu'on souhaiterait l'être.
Il est du devoir de chaque employé de faire preuve de Birr (justice avec compassion) lorsqu'une décision est certaine
d'affecter d'autres employés d'une façon ou d'une autre (c'est-à-dire presque toujours).
En fait, dans son aspect fondamental, Birr est le reflet de l'amour. Il s'agit d'appliquer aux autres tout le bien
que l'on souhaiterait qu'ils nous fassent pour nous. Celui qui est mû par la notion de Birr a tendance à se soucier
des besoins des autres, à chercher à comprendre les circonstances de leur vie et à prendre des décisions inspirées
par ces facteurs. Celui qui est mû par la notion de Birr a tendance à faire fi des faits dans leur froide expression
et à se concentrer sur les circonstances qui sont à leur source. Elle implique, dans la mesure du possible, l'effort
de prendre en considération les besoins de ceux qui sont impliqués sans pour autant violer les droits des autres.
Il s'agit en fait de faire le pas décisif pour déterminer quelle solution serait la plus appropriée pour nous si nous
nous trouvions dans la même situation que celui que nous jugeons. Un exemple patent de l'expression de Birr consisterait à :
Faire part à nos directeurs, subordonnés et collègues de nos meilleures réflexions sur un sujet donné.
De saluer le succès et les réalisations des autres, aussi bien sur les plans financiers que non financiers.
De veiller à ce que ceux qui sont placés sous nos responsabilités s'épanouissent conformément à leurs
besoins et ceux de l'organisation.
Participer au progrès des autres si cela découle de leurs efforts personnels.
Maîtrise de soi (Mujahadah)
La quatrième notion d'éthique a trait à la Maîtrise de soi (Mujahadah). Notre souhait est de réaliser notre pleine
potentialité sur terre et de vivre une vie équilibrée couronnées par des réussites satisfaisantes. Mujahadah représente
chez nous cet élan spontané vers l'auto perfectionnement et la consolidation progressive de la maîtrise de soi.
Nous sommes condamnés à lutter perpétuellement pour réaliser nos idéaux et parvenir au plus sublime équilibre moral
entre les trois types d'éthiques. La Maîtrise de soi (Mujahadah) est de ces trois valeurs celle qui présente le plus
de défis car elle exige que nous évaluons correctement et honnêtement et que nous poursuivions la voie que nous nous
sommes tracée en matière d'auto amélioration afin d'honorer nos engagements. Deux conditions doivent être remplies
afin d'y parvenir : d'abord, il nous faut du temps pour réfléchir sur notre besoin de Maîtrise de soi (Mujahadah).
Ensuite, il nous faut être conscient du fait que nous avons besoin de nous améliorer. Cela veut dire que la vraie
Maîtrise de soi (Mujahadah) commence lorsque nous avons pris le temps nécessaire pour faire le bilan de nos comportements
et sommes arrivés à la conclusion que ces derniers ne sont pas ce que nous souhaiterions qu'ils soient.
Ainsi, il nous faut utiliser notre temps de manière à réaliser notre souhait d'améliorer nos manières et comportements
au niveau de perfection optimale et à partir de là nous engager dans la voie de l'auto amélioration.
Comment pouvons-nous y parvenir ? Nous le pouvons en commençant par éviter ces activités qui constituent
un gaspillage de temps. Nous y parvenons également en évitant ces activités qui freinent notre volonté
d'auto amélioration. Il s'agit de toute activité qui nous conforte dans notre situation actuelle en faisant
que l'image que nous nous faisons de nous-mêmes reste fort luisante et qui nous pousse à penser que nous sommes
meilleurs que les autres. En d'autres termes, nous devons éviter l'habitude de nous immiscer dans les affaires
des autres, de nous focaliser sur leurs mauvaises habitudes et caractéristiques et les commérages. De telles
actions constituent non seulement une perte de temps mais nous nourrissent de fausses illusions de satisfaction
et nous détournent de la capacité de parvenir à la Maîtrise de soi (Mujahadah). Aussi, la Maîtrise de soi (Mujahadah)
trouve son expression dans des directives comme :
Nous devons nous préoccuper seulement de ce qui relève de notre domaine de responsabilité. Cela veut dire que :
Nous ne devons pas nous occuper de ce que font les autres lorsque leurs actions ne nous concernent en rien.
Nous ne devons pas rechercher ou obtenir des informations sur les agissements des autres si nous ne sommes
pas en mesure de les aider à mener à bien ces actions.
Nous ne devons pas fouiner dans les problèmes des autres si nous ne sommes pas en mesure de les aider à les surmonter.
Nous ne devons pas être impliqués dans la préparation ou la propagation des rumeurs.
Lorsqu'une question relève de notre domaine de responsabilité, alors nous nous devons de faire tout ce qui est
possible pour lui trouver une solution conforme à la morale.
Nous devons utiliser tout temps libre à notre disposition pour nous améliorer, apprendre quelque chose de nouveau
or perfectionner une tâche de la manière la plus sublime.
Ainsi, la Maîtrise de soi (Mujahadah) consiste à contrôler nos impulsions et concentrer nos efforts
sur le développement de nos capacités de réalisation de nos responsabilités éthiques envers nos interlocuteurs.
L'EQUILIBRE GLOBAL
Pour être en conformité avec nos valeurs, nous nous devons de les respecter de façon absolue et dans toutes leurs
exigences. En conséquence, nous devons nous satisfaire que sur le plan interne, notre système est consistant.
Et en fait, il l'est !
Nous acceptons et croyons que les trois types de valeur, qui portent fondamentalement sur les relations extérieures
sont intrinsèquement consistantes. Même si en apparence il s'avère que l'obligation immédiate imposée par la notion
de Birr est en conflit avec la notion d'obligation propre à Amanah envers les actionnaires, en réalité elles se
renforcent l'une l'autre. Birr rehausse la notion de morale chez les employés et conduit à une meilleure productivité.
A son tour, cette situation améliore la valeur des actionnaires et en conséquence devient une expression d'Amanah.
Pareillement, Amanah concentre l'attention des employés sur leurs responsabilités pour la croissance et la réussite
de la société. A son tour, cette situation garantie la sécurité de l'emploi et son bien-être et représente donc une
expression de Birr.
Mais, nous devons par la même occasion, nous rappeler que comme hommes nous ne sommes pas parfaits. Des décisions
et des équilibrages bénéfiques à tous représentent des domaines intrinsèquement complexes et, partant entraînent
invariablement des compromis. En prescrivant ce cadre, nous traçons par la même occasion le but ultime que nous
cherchons à atteindre. Chemin faisant, nous nous devons de faire de nombreux compromis et par moment notre jugement
peut s'avérer erroné. Cependant, le fondement de nos choix et décisions personnels seront toujours régis par
l'impartialité et l'équilibre ultime entre les besoins pressants de tous les interlocuteurs. C'est la Maîtrise
de soi (Mujahadah) qui permet d'arriver à cet équilibre.
La nécessité de rester fidèles à nos valeurs, d'une part et l'exigence de prendre des décisions, d'autre part,
exigent l'équilibre juste entre la part de contemplation et la volonté d'action dans notre vie. C'est la Maîtrise
de soi (Mujahadah) qui permet d'arriver à cet équilibre.
Ainsi, la Maîtrise de soi (Mujahadah) joue un rôle d'harmonisation à deux niveaux : l'équilibrage des valeurs qui
régissent nos relations avec le monde extérieur d'une part et le maintien interne de notre harmonie lorsque nous
sommes confrontés aux forces de la passivité et de l'action, d'autre part.
En agissant avec intégrité dans l'harmonisation de nos valeurs, nous trouvons notre récompense dans la joie
de l'accomplissement personnel tout en contribuant à la réalisation de notre vision !